Mon coeur, Mon amour



Mon c½ur, mon amour
Mon amour, mon c½ur
Mon c½ur, mon amour
Mon amour, mon c½ur.

Je m'appelle Johannes Halbig et je suis un homme désespéré. Voyez vous, depuis peu, mes deux meilleurs amis Mäx et Andy sortent avec des filles. Le problème ne vient pas de leurs copines, elles sont géniales, gentilles, mignonnes et tout ce qu'on veut d'autre. Le problème vient de leur comportement quand ils se retrouvent.

Ca dégouline d'amour,
C'est beau mais c'est insupportable.
C'est un pudding bien lourd
De mots doux à chaque phrases :

Nous allons au parc rejoindre leurs dulcinées, ils en peuvent plus d'attendre, ils sont agités comme je ne sais quoi, ils sautent partout et Andy n'arrête pas de faire le décompte.
-Ca fait 10 secondes qu'on est partis, 11, 12, 13, 14

Pitié, ferme la. J'en peux plus de cette comédie amoureuse qui dégouline de partout.
Je vois Mäx courir vers un arbre, qu'est ce qu'il a lui ? Tellement impatient qu'il se fait pipi dessus ou quoi ? Oh, ma théorie était juste, mon dieu, dîtes moi que je rêve. -_-'
-20, 21, 22, 23

Nous venons d'arriver au parc, où les filles « nous » attendent. Le truc vachement marrant, c'est que Mäx et Andy se ressemble beaucoup mentalement, et un petit peu physiquement. Et les filles qu'ils ont choisi ne se ressemblent pas du tout. La copine d'Andy est de taille moyenne, mince, avec un joli visage rond et pâle. Elle a de longs cheveux noirs, avec une mèche qui lui passe sur les yeux, se maquille en noir et est percée au deux labrets décalés. Elle s'habille assez en fonctionnant avec le style Emo en fin de compte. La copine de Mäx, quant à elle, représente plutôt la catégorie « sophistiquée » des filles. Elle a des cheveux marrons, bouclés, des yeux verts, est assez grande, porte souvent des robes, des jupes mais elle porte aussi des jeans. Elle porte souvent des lunettes de soleil aviateurs, ce qui lui donne un charme irrésistible, je l'avoue. Elle a le teint pâle, et ne se sépare jamais de son sac Champ-je-ne-sais-pas-quoi.
La copine d'Andy est allongée dans l'herbe, alors que celle de Mäx est sagement assise sur un banc, comme à son habitude. Je ne retiens pas les deux mecs plus longtemps, ils vont faire une crise.


"Elle est bonne ta quiche, amour"
"Mon c½ur, passe moi la salade"
Et ça se fait des mamours,
Se donne la becquée à table.

Mäx tient sa copine prisonnière sur ses genoux et lui fait manger ce qu'elle avait préparé, c'est d'un ridicule affligeant.
-C'est bon mon ange rose ?

Non, ce n'est PAS mon ami qui vient de dire ça à sa copine, ah je déteste les gens amoureux, l'amour ça pue !

Du côté de Andy et de son « amûûûûr de toujouuurs », elle est allongée sur lui dans l'herbe et ils n'arrêtent pas de s'embrasser.


Ce mélange de sentiments
Aromatisé aux fines herbes
Me fait sourire gentiment
Et finalement me donne la gerbe !

Je vais gerber, vite des toilettes pour vider mon estomac, c'est à vomir ! Oh non, l'heure est venue pour les surnoms niais à vomir ( dis donc, j'ai des envies de vomi aujourd'hui moi... )

-Mon c½ur ?
-Oui ma fleur ?
Ma fleur ! Excellent ! Encore ! Encore, je vais me payer un abonnement aux toilettes publiques ! Ou bien dans les cures de désintoxication pour les anorexiques !
Voyons du côté de Mäx et de sa chérie :

-Mäx ?
-Oui, mon ange, mon sucre, mon c½ur, ma fraise des bois sauvages, mon eau claire, ma lueur ?
-Ooooh mon nounours c'est adorââââble.

« Mon nounours » ? Il a pas fini d'en entendre parler. Ils font le concours des surnoms les plus nuls ? « Oui ma bougie blanche de table ? Mon canard à trois pattes ? Mon joujou en bois ? Mon pneu bien gonflé ? Mon bol de yaourt ? >>



Je hais les couples qui me rappellent que je suis seul !
Je déteste les couples, je les hais tout court !
Mon coeur, mon amour, mon amour, mon coeur {x2}

C'est un épais coulis
Ca me laisse le cul par terre
Autant de mièvrerie
Nappée de crème pâtissière

C'est enfin l'heure de partir du parc, les filles repartent de leur côté après de ( très ) longues embrassades et autre « je t'aime pour toujours de l'infini plus loin que l'éternité et encore un peu plus loin mon chéri que j'aime »
Essayez de dire ça sans respirer, bah eux ils arrivent à le faire !!


"Coucou qu'est ce que tu fais mon coeur ?"
"La même chose qu'y a une demie heure... "
"J' t'ai appelé y a cinq minutes mon ange mais ça répondait pas...
Alors j' t'ai rappelé... pour la douzième fois de la journée...
En niquant tout mon forfait...
Mais qu'est ce que tu fais mon adoré ?
Ouais je sais on se voit après...
Non c'est toi qui raccroches... Non c'est toi...
Non c'est toi qui raccroches... Non c'est toi...
Non c'est toi... C'est toi ... Bon d'accord je te rappelle... "

Déjà 5 minutes qu'ils se sont quittés, ils s'appellent déjà.
-Oui mon ange en sucre de canne, je t'appelle ce soir, non j'ai déjà fini mon forfait, mais quand on aime on ne compte pas ! ( ça c'est Mäx )
-Ma chérie que j'aiiiime ! Je pense à toi ! Tu me manques déjà, même si on se voit ce soir, ta douce odeur de feuille me manque... ( et là c'est Andy .. )

Sa douce odeur de quoi ? O_o.


Je hais les couples qui se rappellent quand je suis seul !
Je déteste les couples, je les hais tout court !
Mon coeur, mon amour, mon amour, mon coeur {x2}

Je m'appelle Johannes Halbig, et plus tard j'écrirais un livre sur mon traumatisme.


# Posté le samedi 24 mai 2008 05:40

Once Upon A Dream


Je me promenais dans le jardin, c'était le soir. Tout était calme, il n'y avait qu'une brise légère. L'herbe était légèrement mouillée et le bas de ma robe s'imprégnait des quelques gouttes d'eau. Elle allait finir par ne plus être si blanche que ça. Les fêtes m'ont toujours embêtés, j'y étais invitée, car c'était celle de mon grand-frère et qu'il ne voulait pas que je reste dans ma chambre. C'était une soirée costumée. Nous pouvions voir toutes sortes de déguisements : des vampires, des chats, des Zorro. Mon frère était très beau dans son costume d'espion et moi, j'étais la seule à avoir osé le grand classique : la princesse. Je dansais à présent seule dans le jardin, entre les grands chênes et les bancs disposés par-ci, par-là. Je fermais les yeux en m'inventant toute une histoire d'un beau prince charmant venant m'accompagner dans ma valse. Sans m'en rendre compte, je chantais, je fredonnais plutôt :

Mon amour, je t'ai vu au beau milieu d'un rêve.
Mon amour, un aussi doux rêve est un présage d'amour.
Refusons que nos lendemains soient mornes et gris...
Nous attendrons l'heure de notre bonheur
Toi ma destinée, je saurais t'aimer
J'en ai rêvé...

Je continue à esquisser des pas de danse dans la fraîcheur de cette soirée.

Nous attendrons l'heure de notre bonheur
Toi ma destinée...

Je sens quelque chose qui me tient les mains...

Je saurais t'aimer, tu l'as rêvé...

J'ai eu peur, et dans cet accès de frayeur, j'ai voulu m'enfuir très loin. Il me retient la main. Je regarde ailleurs.

-Excuse moi, je ne voulais pas t'effrayer...
-Ce n'est pas ça... c'est que tu es un...
-Un inconnu ?
-Mh..
-Mais tu oublies déjà que nous nous sommes vus ...
-Nous nous sommes vus ?
-Mais voyons, tu l'as dit toi-même... Au beau milieu d'un rêve...

J'allais partir quand il se mit lui aussi à chanter :


Mon amour, tu m'as vu au beau milieu d'un rêve..
Mon amour, un aussi doux rêve est un présage joli...

Il m'attire à lui et me fait danser, nous parcourons ainsi le jardin, à deux dans notre univers, à cet instant, plus rien ne comptait...

Refusons que nos lendemains soient mornes et gris.
Nous attendrons l'heure de notre bonheur,
Toi ma destinée, je saurais t'aimer
J'en ai rêvé...

Nous arrêtons de danser, nous regardons la maison, puis moi, je le regarde. De toute la fête, c'était le seul habillé : en prince charmant.
# Posté le samedi 24 mai 2008 07:47

Was I too close for comfort ?

 Was I too close for comfort ?


Flash Back, il y a 4 ans.


Ellie - T'es qu'un gros con.
Moi - Ellie pardonne moi ! Je ne voulais même pas dire ça.
Ellie - Tu l'as dit.
Moi - Je DOIS partir. Sinon, je ne ferais jamais partie de ce groupe.
Ellie - Qui est-ce que tu choisis ? Ton groupe avec Tom et compagnie.. ou moi ?
Moi - Le groupe.

Je m'étais avancée vers elle pour la prendre dans mes bras, elle se contenta de me repousser et de ne me dire qu'elle ne voulait plus me parler, que je savais trop de choses sur elle, que je n'aurais jamais du être si proche d'elle, qu'elle était devenue faible et que c'était à cause de moi.
Ellie a toujours été comme ça. J'ai mis deux ans avant d'obtenir sa confiance. Elle ne supporte pas l'idée de partager ses secrets avec les autres. Je suis le seul à savoir certaines choses. Elle déteste faire confiance aux gens. Comme elle disait : La confiance, c'est le premier pas vers la trahison. Etre faible, c'était la pire chose du monde pour elle. Toujours relever la tête, ne jamais se laisser abattre, recommencer, jusqu'à la réussite.
Puis elle était partie.

Fin du Flash-Back


C'était déjà il y a 4 ans. Nous avions alors 16 ans. Nous étions de ces gens qui sont devenus amis sans se le dire à un moment précis. Nous ne nous sommes jamais dit : " Tu es mon meilleur ami ". Je ne t'ai jamais dit que tu étais spéciale pour moi. Personne ne t'a jamais remplacé, c'est pour ça, que je t'ai envoyé un message aussi. En te demandant de venir me voir. Ta réponse fut immédiate : " non". Alors Harry t'a appellé, et avec lui tu as tout de suite dit " je viendrais". Je suis maintenant assis à une table, en compagnie de mes trois potes et je t'attends. Je suis nerveux. Mon pied tappe régulièrement sur le sol. Dougie s'énerve et m'écrase le pied.

Dougie - Relax. Elle va arriver.
Moi - Je sais, c'est ça qui me fait peur.
Dougie - Pourquoi ?
Moi - Ca fait quand même 4 ans.

J'entendis la porte du bar s'ouvrir, elle est là maintenant. Dans un gros manteau, ses bottes en cuir, son écharpe et son bonnet blanc. Ses cheveux rouges/oranges en dépassaient. Elle n'avait pas changé, elle était restée aussi belle qu'avant. Elle balaya la salle du regard, et nous trouva. Elle fit un énorme câlin avec Harry. Harry avait beau partir avec moi, elle ne lui en avait jamais voulu. Pareil pour Dougie et Tom. Non, il n'y avait qu'avec moi qu'elle était aussi froide.

Moi - Bon.. Bonjour Ellie.
Ellie - Sinon, qu'est ce vous faites ici les garçons ?

Elle s'était tournée vers Harrry.
Nous commandâmes nos boissons. Elle prit un chocolat chaud. Elle se serrait contre la tasse brülante, elle qui était glacée. Nous étions en hiver. C'était pour la tester. Je sais qu'elle déteste cette saison. La neige, Noël tout ça. Si elle venait, c'est qu'elle voulait me voir. Mais non, elle est venue pour Harry, de toute évidence.

Au bout du 3 ème chocolat chaud, le gérant du bar monta sur la scène qui servait à l'occasion, quand des groupes locaux voulaient se produire quelque part, pour débuter. Il annonça les McFly. Mon groupe avec les garçons. Ellie tira une tête bizarre en nous voyant nous diriger vers la scène. Nous prenons place. Tom commence à chanter :

I never meant the things I said
To make you cry
Can I say I'm sorry
It's hard to forget
And yes I regret all these mistakes

I don't know why you're leaving me
But I know you must have your reasons
There's tears in your eyes,I watch as you cry
But it's getting late

Was I invading in on your secrets ?
Was I too close for comfort ?
You're pushing me out
When I'm wanting in
What was I just about to discover ?
When I got too close for comfort
And driving you home
Guess I'll never know


J'appréhende. Je commence à chanter avec hésitation. Elle qui regardait avec admiration Tom il y a quelques secondes.. Elle regarde dehors, de toute évidence, elle s'en fout.

Remember when we scratched our names into the sand
And told me you loved me and now that I find
That you've changed your mind
I'm lost the words

And everything I feel for you
I wrote down on one piece of paper
The one in your hand
You won't understand
How much it hurts to let you go

Was I invading in on your secrets ?
Was I too close for comfort ?
You're pushing me out
When I'm wanting in
What was I just about to discover ?
I got too close for comfort
And driving you home
Guess I'll never know


Tom :

All this time you've been telling me lies
Hidden in bags that are under your eyes
And I when I asked you I knew I was right


C'est moi qui l'ai écrit pour elle cette chanson.

But if you took it back on me now
When I need you most
But you just let me down, down, down


Elle n'a rien su faire à part m'ordonner de rester loin d'elle, pendant 4 ans.

Would you think about what you're about to do to me
And back down...

Was I invading in on your secrets ?
Was I too close for comfort ?
You're pushing me out
When I'm wanting in
What was I just about to discover ?
I got too close for comfort
You're pushing me out
When I'm wanting in
(Yeah yeah)

Was I invading in on your secrets ?
Was I too close for comfort ?
You're pushing me out
When I'm wanting in
What was I just about to discover ?
When I got too close for comfort
And driving you home
Guess I'll never know


Je lâche le micro, fini les derniers accords. Elle s'en fout. Eperdument. Elle est sortie à la fin de la chanson. Je pensais qu'elle allait rentrer chez elle. Mais non, elle s'était adossée au mur, et regardé la route. Les garçons sortirent, l'enlacèrent et montèrent dans la voiture. Elle était restée là. Comme si elle attendait quelque chose d'autre. Mais ce n'est sûrement pas moi. Elle s'en fiche de ce que j'ai pu vivre, sans elle. De comment je suis, sans elle. Ca lui est bien égal. Elle a su tourner la page, elle. Je sors pour rejoindre les garçons. Je m'appretais à monter dans la voiture quand j'entendis :

Ellie - Jones ! Si tu montes dans cette voiture, c'est fini, à vie.

Je lâche la poignée de la porte. Je me retourne.

Moi - Je croyais que c'était déjà fini. Tu m'as bien expliqué, il y a quatre ans.
Ellie - Je suis désolée
Moi - Je croyais que j'envahissais trop ton monde ! Il faut savoir !
Ellie - Je suis désolée
Moi - J'ai fait des tonnes de chansons sur toi ! Mais tu faisais ta sourde !
Ellie - JE SUIS DESOLEE !
Moi - Tu ne voulais pas ... Tu as dit quoi?
Ellie - Que j'étais désolée.
Moi - Oww, pour le coup, c'est pas habituel.

La porte de la voiture s'ouvrit et j'entendis Dougie :

Dougie - Hey Dude ! Grouille toi ! On doit partir !
Moi - ( agacé ) J'arrive !

Il referma la porte. Tom mit le contact.

Ellie - ( sourire triste ) Alors, tu repars encore une fois ?
Moi - Il le faut. Mais cette fois ci, je fais quelque chose avant.
Ellie - Quoi donc ?

Elle me regardait, impatiente, dans les yeux. Elle avait tiré un trait, d'un seul coup sur l'histoire passée. Je me pencha vers elle, l'embrassa. J'étais en réalité mort de trouille de l'embrasser, peur qu'elle me rejette, qu'elle me gifle, que tout soit définitivement fini. Mais non, je sentis ses mains passer dans mes cheveux. C'était bon. Trop bon.

Moi - J'y vais.

Je l'embrasse une dernière fois. Je me dirige vers la voiture, avant de refermer la porte, j'entend :

Ellie - Hé Jones .. T'es con.
Moi - Je sais. Je crois que je t'aime.
Ellie - Tu peux ouais !
Moi - Tss..

A la prochaine fois, Ellie.

Danny Jones
.

Pix : Ellie
# Posté le vendredi 04 juillet 2008 11:02
Modifié le vendredi 04 juillet 2008 11:21

L'amour se trouve dans la cuisine...

A nos sept ans :

-Joyeux anniversaire Thomas !

Je crois que c'est là que tout a commencé entre Thomas et moi, à son anniversaire. 7 ans, âge de raison dit-on, je dirais plutôt que c'est l'age con des adolescents en avance. On découvre des trucs, des trucs super chouettes ! Moi, je découvrais l'amitié que je ne connaissais pas encore. Bien sûr, j'avais des amies mais ce n'était pas le même genre d'amitié que je pouvais avoir avec Thomas. Tout était fait pour qu'on devienne meilleurs amis du monde, nos mères étaient comme les deux doigts de la main, mon grand frère faisait des bisous bizarres dans le cou de sa grande s½ur, en montant les escaliers parfois..
Alors forcément, comme délégation de la famille pour son cadeau, c'est moi qu'on a envoyé, alors que je ne le connaissais. Je maudissais intérieurement mes parents ( mon frère, était déjà monté avec Judith apparemment.. ) et ce fut le coup de foudre amical.
Plus tard, au cour de la soirée d'anniversaire, quand tous les enfants conviés furent repartis chez eux ( sauf moi, bien évidemment ) nous parlâmes de mon frère, Etienne et de sa s½ur Judith.

-Tu crois qu'ils font quoi en haut ?
-Ils jouent à la playstation peut-être

J'éclata de rire.

-Pourquoi tu rigoles ?
-Les filles, ça aiment pas la playstation...
-C'est vrai... Bah, ils sont peut-être amoureux, alors.
-Comment on dit quand on est amoureux ?

Je me souviens qu'il mit environ 3 minutes pour réfléchir pour finalement me dire :

-Quand on est amoureux, on dit cuillère.

Qu'est ce qu'il me racontait ? Je dis toujours « cuillère », à mes parents, à table. Alors, j'arrête de dire cuillère, c'est décidé.

A nos dix ans :

-Même que la maîtresse c'est une co..
-Ne dis pas de gros mots !
-Co...urgette, j'allais dire.
-C'est toi la courgette, patate.
-C'est toi la patate, ENDIVE !
-C'EST TOI L'ENDIVE !
- NON C'EST TOI !
-J'TE PARLE PLUS !
-TRES BIEN !

Notre dispute dura en tout et pour tout, 4 heures et 30 minutes. J'étais restée devant la porte d'entrée, en train de regarder les voitures passer sur la route limitée à 50 km/h, elles étaient lentes ces voitures, je m'en souviens. Le temps m'en semblait encore plus long. Du temps sans Thomas, c'était du temps perdu. Perdu, gaspillé, bousillé. C'est vrai quoi, avec qui j'allais parler de ma future domination du monde si il n'était pas là ? Avec qui j'allais discuter de tout et de rien, en regardant les étoiles ? Personne. Je ne voulais que lui.
Quand il revînt, je me sentis revivre. Il me présenta ses excuses, en me disant que j'étais quand même plus intéressante qu'une endive..


A nos dix-sept ans :

Je passais toujours plus de temps avec Thomas. Il m'empêchait d'avoir des copains, à trop me protéger. Tout le monde, au collège pensait que nous nous aimions. Et ils n'étaient pas très loin de la vérité, en fin de compte. Je n'avais plus jamais utilisé le mot cuillère de ma vie, je disais « le truc à dessert ».Mes parents ne m'avaient jamais compris pour ça, tant pis.
A la fête d'anniversaire de Thomas, y'avait pas beaucoup de monde, notre petite bande de copains : Edith, Charlotte, Ellie, Harry, Danny et Dougie et nous deux. J'avais préparé la fête avec Thomas. C'était sympa, ça allait être marrant. On voulait juste pas tous finir complètement bourrés, on se connaissait, ça allait partir en conflit direct.

-Juliette ! Edith et Charlotte sont là !
-J'arrive Thomas ! Je finis de me préparer.

Thomas est né en août, nous allions passer la soirée et sans doute la nuit dans le jardin, chaleur étouffante au rendez-vous. J'enfilais donc une robe légère blanche et descendit les escaliers. Je sauta sur Charlotte et Edith, les entraîna dans le jardin, où Tom' avait déjà posé les gros poufs de salon dans l'herbe. On commença à discuter, quand Harry, Danny et Dougie arrivèrent. Dougie sauta sur Edith et je ne l'entendis plus de la soirée.. Ellie arriva en dernier. La fête commença, musique, alcool ( mais doucement ), nourriture, jeux, conneries etc.

Nous mangions le dessert quand Thomas me regarda dans les yeux et me dit lentement :

-Est-ce que tu pourrais aller me chercher une cuillère.. ?
-Pardon ?
-Une cuillère, si tu veux bien..
-Euh, oui, j'y ... j'y vais.

Je me dirigea vers le fond du jardin, direction opposée de la cuisine où étaient les trucs à desserts. Je les entendais parler.


-Tom, qu'est ce qu'elle a ?
-Attends, je vais la chercher.

J'entendis Thomas se lever de son pouf, se diriger vers moi. Je sentis des mains se poser sur mes hanches. Mon souffle se coupa.

-Tu sais, Ju', la cuisine c'est de l'autre côté.

Il m'avait dit ça en me retournant, j'étais face à lui.

-J'allais y aller, t'en... t'en fais .. pas.
-Tu sais, pour la cuillère, j'étais sérieux.
-Oui, je sais que t'as faim Thomas =)
-Non, l'autre sens de cuillère.

Il me regarda dans les yeux, se pencha vers moi, passa sa main droite dans mes cheveux, m'embrassa. Mes yeux se fermèrent. Je ne pensais plus à rien, à rien à part lui.

-Il leur en aura fallu du temps à ceux là.
-Tiens, tu parles Edith ?

Il détacha ses lèvres des miennes, me serra fort dans ses bras. Il ne m'avait jamais serré aussi fort. Jamais. Même le jour où il s'est fait plaqué par la seule copine qu'il avait eu, même le jour où je m'étais cassé le pied, même le jour où sa grand-mère est décédée. Non, jamais il ne m'avait serré aussi fort qu'après ce baiser. Nous partîmes nous rasseoir avec les autres, j'étais dans ses bras, je me sentais heureuse, voire même forte. Plus forte que tout le monde dans ce jardin. J'étais la meilleure, et j'étais amoureuse d'une cuillère. Si c'est pas le pied... C'était parfait, peut-être même un peu trop parfait...

A nos vingt ans :

-T'as pas le droit de me laisser comme ça. Non sérieusement c'est encore une blague que t'as fait avec Danny, hein ? Vous avez toujours adoré m'emmerder !
-Non, c'est .. pas une blague. Mais je pars avec Danny.
-QUOI ? OU CA ?
-Sidney, Australie.
-JE SAIS OU EST SIDNEY C'EST BON !
-T'énerves pas ! Ne pleure pas, s'il te plaît Juliette.
-TU SAIS BIEN QUE CA M'ENERVE ENCORE PLUS !
-Je sais.
-Tu sais quoi ? Tu peux partir, mais je pars aussi.
-Pourquoi ?
-Pour t'oublier, oublier cette île où tout transpirera ton souvenir, sale con.
-Et toi, tu t'en vas où alors ?
-Tokyo, Japon. Une autre île.

J'étais partie au pays du soleil levant deux semaines après l'annonce de Tom. J'étais éc½urée, il m'avait juré qu'on resterait toujours en contact. Ici au Japon, je suis sans lui, sans blond aux yeux caramels que je connais depuis mes cinq ans. Sans con pour me dire qu'on dit « je t'aime » en disant « cuillère ». Je suis sans Tom, et je suis heureuse.
Ca, c'est ce que je me dit tous les jours depuis son départ. Je ne suis pas du tout heureuse, au contraire. J'essaye de m'en persuader, mais tout finit par me ramener à la réalité. Tout. Même ce qui n'a rien à voir avec lui, dans les rues, à la télé. Les panneaux d'affichages, les salons de thé, les magasines, les disques des Beatles, mon écharpe, les voitures, les gens qui déambulent dans les rues bondées de Tokyo. Tout. Et même encore plus.
Le pire, c'est que je n'arrive pas à me débarrasser de tout ce qui me rappelle Tom. Les photos de lui, de moi, de nous. Mon fond d'écran de portable, les chansons qu'ils me composaient, le bracelet qu'il m'a offert à nos douze ans. Le pendentif en or en forme de petite cuillère qu'il m'avait offert pour nos dix-huit ans . Je le porte encore tous les jours.
Je me promenais nonchalamment dans Tokyo, en évitant les passants pressés qui vont rater leur train, les cigarettes qui viennent s'écraser sur votre jean tellement nous sommes serrés, les gamins qui ne regardent pas où ils vont, les vieilles dames trop lentes. Mon portable vibra dans mon sac. Un nouveau message de « Connard »

<< Tu me manques. Cuillère. Tom >>

Je rentre chez moi, les larmes aux yeux. Comme si c'était la meilleure solution, je me passe son CD. De lui et de son groupe, McFly, les célèbres anglais qui vivent en Australie (pays le plus pourri de la Terre ).

“ I'm looking up at my star girl, I guess I'm stuck in this mad world. The things that I want to say but you're a million miles away. And I was afraid when you kissed me on your intergalactical Frisbee. I wonder why I wonder why you never me asked me to stay ?”

Parce que tu m'aurais écouté, permet moi d'en douter.


« Your stuff is in my house. So many things I can't ignore. Your coats still on the couch. Your photo's on my freezer door. If I can't be the one to hold you baby, I don't think I could live”

Sur la porte de ton frigo ? Je suis touchée, toi tu es partout.

« I won't start believing that this is the end, there must be another way 'cause I couldn't handle the thought of you going away »

Fallait y penser avant, Thomas.

Je prend mon portable, rédige le SMS.
Maintenant, un jeune homme répondant au nom de Thomas, grand, blond, aux yeux caramel, s'éclatant en Australie avec ses trois potes qui étaient aussi les miens, doit tenir son portable dans les mains, et doit lire le message :

<< Trop tard. Fourchette. Juliette >>

 L'amour se trouve dans la cuisine...
# Posté le jeudi 07 août 2008 17:00